Cette année, le Chantier Représentations s’est principalement dédié à la préparation d’une demande de subvention équipe FRQSC. L’objet d’étude qui rassemble les chercheures de cette équipe concerne les représentations littéraires, artistiques et médiatiques des sexualités et des identités sexuelles et de genre, envisagées dans une perspective féministe.
La programmation scientifique s’articule autour de trois axes : 1° Identité(s) et subjectivité(s); 2° Sexualité(s); 3° Pornographie et postporn.
Les travaux s’inscrivant sur l’axe Identité(s) s’intéresseront à l’identité sexuelle et de genre dans une perspective politique. L’identité de sexe/genre est un support quasi incontournable des représentations, tant elle est conçue comme étant fondamentale, essentielle et déterminante dans la conception de l’identité. Les projets de recherche s’inscrivant sur cet axe questionneront les modalités d’articulation entre le sexe et le genre, les modèles identitaires proposés, ce qu’ils révèlent des conceptions imaginaires, ainsi que les différents rapports qui les mettent en relation (rapport sexuel et amoureux, frère-sœur, parents-enfants), tout en considérant l’identité sexuelle et de genre comme étant produite par le dispositif de la sexualité, en l’occurrence par le modèle hégémonique hétéronormatif.
Les travaux s’inscrivant sur l’axe Sexualité(s) s’intéresseront aux représentations des sexualités, tant normatives qu’appartenant au spectre des sexualités dites alternatives ou marginalisées. S’inscriront également sur cet axe des recherches portant sur l’économie des rapports sexuels et réfléchissant aux dimensions matérielles des échanges sexuels représentés dans les objets culturels ainsi qu’aux rapports de pouvoir qui s’y jouent.
Les travaux s’inscrivant sur l’axe Pornographie et postporn s’intéresseront aux représentations explicites, se donnant pour objet déclaré du représenté. Si la pornographie est un médium culturel parmi d’autres où la sexualité est mise en images, il s’agit du seul médium à aller aussi loin dans l’explicite, d’où l’importance d’analyser le phénomène (sur le plan textuel, la littérature dite érotique participe du même projet explicite). À ce titre, qu’elle soit commerciale ou indépendante, la pornographie constitue le lieu par excellence du développement du champ des possibles relatif au sexuel et de la promotion de certains scénarios et de l’invisibilisation de certains autres.
Ce qui était envisagé comme un chantier ou un sous-chantier « Représentations » lors du dernier Lac-à-l’épaule a finalement pris la forme d’un groupe de travail qui a organisé un colloque lors du CIRFF, intitulé « Violence des représentations > < représentation des violences ». Le colloque était placé sous la responsabilité de Sandrine Ricci (UQAM) coordonnatrice du RéQEF et la coresponsabilité Estelle Lebel (U. Laval), Chantal Maillé (Concordia) et Dominique Bourque (U. d’Ottawa).
Tenu le 24 août 2015, ce colloque a réuni un ensemble de communications qui, s’intéressant aux représentations et aux violences, réfléchissent aux multiples entrecroisements possibles de ces deux termes. Plus particulièrement, les organisatrices souhaitaient interroger la violence des représentations, ainsi que la représentation des violences. Le colloque comptait les présentations suivantes, émanant toutes de membres du RéQEF, exceptées les 6), 8) et 9) :
- La violence des images Estelle Lebel, professeure associée, département d’information et de communication, Université Laval
- Harcèlement sexiste en ligne : un défi et un opportunité pour la recherche féministe Caroline Caron, professeure adjointe, département des sciences sociales, Université du Québec en Outaouais, membre du RéQEF
- Quand les discours ciblent le corps et la sexualité des femmes : la culture du viol Sandrine Ricci, doctorante en sociologie et chargée de cours, Université du Québec à Montréal
- Violence des catégories, les mots qui excluent Chantal Maillé, professeure, Institut Simone-De Beauvoir, Université Concordia
- Violence des représentations de la violence : discours néocoloniaux sur Haïti Denyse Côté, professeure, ORÉGAND/Université du Québec en Outaouais
- Féminisation des inégalités et stéréotypes de genre dans les Balkans Tanya Karagyozova, doctorante en Histoire culturelle, Université Paris III
- Être visible ou invisible : quelle violence « choisir » ? Autoreprésentations de lesbiennes Dominique Bourque, professeure, Institut d’études féministes et de genre, U. d’Ottawa
- Police, sexe et normativité : Le traitement policier des plaintes pour viols et agressions sexuelles Emmanuelle Melan, doctorante en criminologie, Université catholique de Louvain
- La contribution au débat féministe des études sur les représentations sociales de la violence dans les relations amoureuses. Le cas des adolescents-es chiliens-nes Tatiana Sanhueza, doctorante en service social, Université Laval