Antiféminisme

Le Chantier poursuivra les objectifs suivants de favoriser de nouvelles initiatives de recherche sur l’antiféminisme et de développer des outils analytiques et conceptuels pour mieux étudier l’antiféminisme,

Chantier de recherche « Antiféminisme »

Fonder un « Chantier antiféminisme » au RéQEF, avec comme base opérationnelle le GIRAF, logé à l’IREF, permettra de bien structurer et dynamiser la recherche sur l’antiféminisme au Québec, et de favoriser et de consolider les collaborations entre membres du RéQEF, y compris entre différents champs disciplinaires et des membres ayant divers statuts (professeures, postdoctorantes, étudiantes). Le chantier poursuivra les objectifs suivants : (1) favoriser de nouvelles initiatives de recherche sur l’antiféminisme ; (2) développer des outils analytiques et conceptuels pour mieux étudier l’antiféminisme ; (3) diffuser les connaissances sur l’antiféminisme (colloques, publications); (4) participer à la formation d’étudiantes aux cycles supérieurs ; (5) participer au débat public.

Membres

Mise sur pied : 2016

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Fers de lance de notre programmation scientifique, les Chantiers constituent une composante permanente de la programmation du RéQEF. Ils ont été conçus de manière à favoriser le regroupement de membres autour d’intérêts communs et d’une programmation concertée dans une logique interrégionale et interuniversitaire. Plusieurs Chantiers mobilisent actuellement près d’une quarantaine de membres, universitaires et des milieux de pratique. 

Réalisations

Projets à venir

Pour l’année 2025-2026, le Chantier entrevoit trois projets structurants :

  • Démarrage de l’enquête « Stratégies prometteuses pour gérer les comportements problématiques « anti-genre » dans les classes d’éducation à la sexualité au secondaire: point de vue du personnel chargé de son enseignement » qui sera réalisée par Julie Descheneaux (Sexologie, UQAM), Mélissa Blais (Sciences sociales, UQO), Francis Dupuis-Déri (Science politique, UQAM) et Geneviève Pagé (Science politique, UQAM). Programme de Développement Savoir, CRSH, 72 000$.
  • Organisation d’un colloque au Congrès international des recherches féministes dans la francophonie (CIRFF), qui aura lieu à Québec, du 17 au 21 août 2026.
  • Publication collective sur l’antiféminisme numérique ambiant dirigée par Mélissa Blais (Sciences sociales, UQO) et Mélanie Millette (Communication, UQAM).

Pour l’année 2024-2025, le Chantier a poursuivi ses activités de consolidation et de collaborations interinstitutionnelles et interdisciplinaires, à travers l’organisation et la réalisation, entre autres, du cours public « Antiféminismes et masculinismes : anatomie d’une idéologie » offert à l’Upop Montréal, dont les séances ont eu lieu à l’automne 2024 et à l’hiver 2025. Le cours visait à vulgariser les recherches sur les idéologies antiféministes et masculinistes, notamment au Québec. Il a réuni quatre membres professeur·es du Chantier, Mélissa Blais (Sciences scoiales, UQO), Francis Dupuis-Déri (Science politique, UQAM), Diane Lamoureux (Science politique, ULaval) et Mélanie Millette (Communication, UQAM), qui ont conçu collectivement le contenu du cours, déterminé l’horaire et coordonné leurs interventions. Reposant sur une forte complémentarité des expertises (science politique, sociologie, communication) et une volonté partagée de vulgariser les savoirs critiques sur l’antiféminisme, leurs présentations ont porté sur l’histoire des discours masculinistes, les formes de résistance en ligne et les fondements conservateurs de l’antiféminisme. Deux membres étudiant·es, Océane Corbin (Communication, UQAM) et Camille Nicol (Communication, UQAM), ont aussi été intégré·es pleinement au projet, illustrant un modèle de collaboration intergénérationnelle valorisant la relève académique. L’organisation Upop Montréal a agi comme partenaire logistique et de diffusion, contribuant à la mise en place et à la promotion de l’événement ainsi qu’à l’accueil du public. L’événement a connu un grand succès, suscitant un fort engouement de la part d’une assistance diversifiée (académique, communautaire, grand public), ce qui témoigne d’une importante demande sociale pour ces savoirs. Proposant des contenus accessibles, qui ont depuis été réutilisés dans l’enseignement universitaire et les formations militantes, ces conférences ont favorisé la mobilisation des connaissances dans des contextes non-académiques et renforcé la sensibilisation aux enjeux de genre et d’antiféminisme. En effet, le cours a permis de mieux outiller les milieux d’intervention et d’éducation face aux discours réactionnaires, en générant des connaissances accessibles sur l’antiféminisme et le masculinisme en replaçant ces phénomènes dans une perspective historique, idéologique et contemporaine. Les liens entre antiféminisme, conservatisme et discours sur la « crise de la masculinité » ont été clarifiés et l’analyse des formes de résistance féministe sur les réseaux sociaux (TikTok, Instagram) a apporté un éclairage original sur les stratégies numériques de contre-discours. Ces contenus, issus de recherches actuelles, ont contribué à enrichir la compréhension du public et des milieux académiques, en plus d’alimenter l’enseignement, la recherche et l’intervention sociale.

Le Chantier a également organisé la 12e classe magistrale du RéQEF, qui a eu lieu le lundi 28 octobre 2024 à l’UQAM, et qui portait sur les enjeux théoriques et méthodologiques de l’usage du concept de « masculinités » en sciences humaines et sociales. Cette classe magistrale aura été l’occasion pour six étudiant·es faisant usage du concept de « masculinités » dans leur travaux d’échanger, d’interroger et d’explorer, avec des expert·es, la complexité du concept et d’aborder les défis méthodologiques et épistémologiques qu’il pose. En amont de la classe magistrale s’est également tenue la table-ronde « Étudier les masculinités : dialogues et perspectives de recherche». Ouverte au grand public et animée par Marion Flécher (U. Paris-Nanterre), cette rencontre réunissait Francis Dupuis-Déri (Science politique, UQAM), Haude Rivoal (CEET/CRESPPA) et Marc Jahjah (U. de Nantes) et avait pour objectif de rendre compte des complexités inhérentes à l’étude des masculinités, mais également des apports de ce concept dans l’étude des rapports sociaux de domination. Un événement riche en discussions, qui a nourri la réflexion collective et suscité un vif intérêt de la part du public.

Le Chantier a été l’organisateur du 3e séminaire des membres du RéQEF « (Ré)actions antiféministes. Convergences, ruptures et continuités », qui a eu lieu le vendredi 31 janvier 2025 à l’UQAM et en ligne. Organisé par Tristan Boursier (Science politique, UQO) et Elena Waldispuehl (Laboratoire sur la communication et le numérique – LABCMO, UQAM/ UQO), en collaboration avec Mélissa Blais (Sciences scoiales, UQO) et Francis Dupuis-Déri (Science politique, UQAM) et avec le soutien de l’équipe du RéQEF, le séminaire comprenait la participation de Véronique Pronovost (Sociologie, UQAM), Océane Corbin (Communication, UQAM), Sophie-Anne Morency (Sociologie, UQAM) et Victor Bardou-Bourgeois (Science politique et droit, UQAM). Ce séminaire avait pour objectif de discuter de l’état des lieux des différentes formes d’antiféminisme(s) et de rendre compte des études portant sur ce phénomène en privilégiant les travaux qui mobilisent le cas québécois, mais aussi des comparaisons possibles avec celui-ci. Il s’intéressait plus particulièrement à la double articulation des manifestations en ligne et hors-ligne des formes contemporaines de l’antiféminisme ainsi qu’aux liens et hybridités qui émergent avec d’autres formes de mobilisations et de discours réactionnaires. En plus d’approfondir la compréhension de ces enjeux, il a permis de générer des connaissances sur la diffusion culturelle de ces discours, les mobilisations anti-avortement au Canada et la présence de l’antiféminisme dans les communautés de joueur·euses en ligne. Ces analyses ont mis en évidence à la fois des continuités historiques et des transformations récentes, tout en perfectionnant les méthodologies d’étude dans une perspective féministe et critique. De plus, les connaissances issues du séminaire sont mobilisés dans différents contextes : enseignement universitaire, formations, interventions publiques et médias. Par leur accessibilité et leur ancrage dans des enjeux sociaux actuels, ces savoirs contribuent à renforcer les capacités d’action, incluant en ligne, des milieux utilisateurs face à la montée des idéologies réactionnaires. Le séminaire a aussi renforcé les liens entre chercheur·es émergent·es et confirmé la pertinence d’un espace scientifique intergénérationnel autour du Chantier. Des collaborations en recherche sont en développement, entre autres en lien avec des projets de thèse ou de postdoctorat. Bien qu’il ne s’agisse pas d’un partenariat formel, la participation de personnes de France grâce à la formule hybride témoigne par ailleurs de l’élargissement des réseaux scientifiques francophones sur l’antiféminisme. Cette portée internationale pourrait ouvrir la voie à des collaborations plus formelles dans le futur.

Autres activités et contributions des membres du Chantier

  • Descheneaux, Julie, Mélissa Blais, Francis Dupuis-Déri et Geneviève Pagé. Subvention du Programme de Développement Savoir, CRSH, pour l’enquête « Stratégies prometteuses pour gérer les comportements problématiques « anti-genre » dans les classes d’éducation à la sexualité au secondaire: point de vue du personnel chargé de son enseignement ». 72 000$.

Communications et événements :

  • Blais, Mélissa et Francis Dupuis-Déri. 13 mai 2025. « Le masculinisme : histoire longue et phases de développement contemporaines ». Communication dans le cadre de la Journée d’étude « ‘Spit out the pill’. Masculinisme et antiféminisme, les extrêmes-droites numériques et la violence en réseau », organisé par l’U. Paris 8 et le Centre d’étude sur les médias, les technologies et l’internationalisation, Paris.
  • Lancement du rapport de recherche de Mélissa Blais (avec la collaboration de Véronique Pronovost). 9 avril 2025. « Tactiques voilées, effets réels : L’antiféminisme et ses répercussions sur le mouvement féministe en Montérégie », Table de concertation des groupes de femmes de la Montérégie (TCGFM), Saint-Lambert.
  • Blais, Mélissa et Francis Dupuis-Déri. 17 mars 2025. « Crise de la masculinité? Exercice de déconstruction ». Conférence dans le cadre de la Semaine des sciences sociales : « Conquérir pour le meilleur et pour le pire ? », Cégep de l’Outaouais, Gatineau.
  • Blais, Mélissa, Francis Dupuis-Déri (anim.) et Mélanie Millette. 1er mars 2025. « Autodéfense contre l’antiféminisme en ligne et hors ligne ». Table-ronde dans le cadre de la Foire féministe « Féministes dans la cité » organisée par l’Institut de recherches et d’étude féministe (IREF), UQAM, Montréal.
  • Blais, Mélissa et Francis Dupuis-Déri. 29 avril 2025. « Contremouvement et backlash : antiféminisme et anti-diversité de genre et sexuelle ». Formation syndicale, Collège FTQ.
  • Blais, Mélissa, Patrick Chaboudez (anim.) et Francis Dupuis-Déri. 6 juin 2024. « La réponse masculiniste pour le retour de l’homme viril et dominant ». Segment à l’émission de radio Tout un monde, RTS (Suisse).

Publications et balado :

En 2023-2024, le Chantier a été un véritable incubateur de nouvelles demandes de financement et de partenariats. Mélissa Blais (Sciences sociales, UQO) a été sollicitée par la Table de concertation des groupes de femmes de la Montérégie pour mener une recherche sur l’antiféminisme; la première phase presque terminée, une deuxième phase est en discussion. De son côté, Véronique Pronovost (Sociologie, UQAM) est chercheure principale (61 000$) pour un projet sur le mouvement contre l’avortement au Québec, financé par le Secrétariat à la condition féminine en partenariat avec la Fédération du Québec pour le planning des naissances. Mélanie Millette (Chercheure principale; Communication sociale et publique, UQAM) avec Mélissa Blais (Sciences sociales, UQO) et Michelle Stewart (Comunication sociale et publique, UQAM), ont obtenu une subvention (fonctionnement) en Développement Savoir – CRSH pour une étude sur les pratiques de résistance à l’antiféminisme en ligne. Francis Dupuis-Déri (Science politique, UQAM) a soumis une demande de nouveau financement au programme du CRSH engagement partenarial, pour étudier la misogynie, l’antiféminisme, l’homophobie et la transphobie à l’école, en partenariat avec le Comité de la condition des femmes (CCF) et le Comité des personnes alliées pour la diversité sexuelle et de genre (CPADSG) du syndicat d’enseignement de la Fédération autonome d’enseignement (FAE) Elena Waldispuehl (Éthique féministe, LabCMO, UQAM/UQO) siège sur le Comité de travail sur la cyberintimidation et les cyberviolences faites aux groupes de femmes et personnes non-binaires du centre de ressources Co-Savoir (anciennement CDEACF). Enfin, Mélissa Blais (Sciences sociales, UQO) et Francis Dupuis-Déri (Science politique, UQAM) ont soumis une demande au concours pour la Chaire du Québec Démocratie, vivre ensemble et valeurs communes, dont le RéQEF était partenaire.

2023-2024 a d’ailleurs vu la naissance d’un projet structurant pour le Chantier. L’historienne Pauline Milani (UFribourg) a sollicité la collaboration du Chantier dans le cadre d’un projet de recherche sur l’antiféminisme en Suisse. Le comité organisateur, composé de Mélissa Blais (Sciences sociales, UQO), Francis Dupuis-Déri (Science politique, UQAM) et Pauline Milani (UFribourg), a donc travaillé à la réalisation de deux Journées d’étude qui ont eu lieu les 23 et 24 mai 2024, à Fribourg. Une quinzaine de spécialistes de l’antiféminisme, dont 3 membres-professeur·es, 2 membres-doctorant·es et 2 membres-postdoctorant·es du Chantier y ont participé. L’événement a été un grand succès en termes d’échanges intellectuels sur différents sujets tels que : l’utilisation et le sens des concepts d’antiféminisme, d’anti-genre, de backlash, d’intersectionnalité des haines, de contre-mouvement; les frontières entre les objets d’études que sont l’antiféminisme et l’anti-genre ou encore l’antiféminisme en ligne et hors ligne; et les enjeux éthiques et émotionnels que soulève l’étude des « vilain·es ». L’événement a également permis 3 formes de réseautage : (1) interdisciplinaire (communication, histoire, science politique, sociologie), (2) international (francophone : Québec, Belgique, France, Suisse), (3) intergénérationnel (6 professeur·es, 3 postdoctorant·es, 3 étudiant·es au doctorat et 2 à la maîtrise). Cette activité a permis de préparer un projet de colloque international Antiféminisme et anti-genre, qui se tiendra au printemps 2026 à l’UQAM et sera organisé par le Chantier sur l’antiféminisme du RéQEF, en collaboration avec l’UQO et l’Université de Fribourg. Une demande de subvention CRSH – Connexion est prévue et l’Université de Fribourg injectera aussi des fonds. Ce colloque devrait mener à la publication d’un numéro spécial de revue et d’un ouvrage collectif.

Parmi les contributions des membres, soulignons les suivantes :

  • Blais, M. et Millette, M.(4-7 juillet 2023) « Manosphère et résistances féministes en ligne : tactiques et continuités », communication au 3e congrès No(s) Futur(s). Genre : bouleversements, utopies, impatiences, Toulouse, France.
  • Blais, M. et Dupuis-Déri, F. ont donné les conférences suivantes : « Faut-il craindre les masculinistes? », à la Librairie du Boulevard, Genève le 29 mai 2024 et « Qu’est-ce que l’antiféminisme? », au colloque du 50e anniversaire de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Québec, le 21 mars 2024. Iels ont également donné une formation en ligne sur l’antiféminisme et la manosphère pour le Centre pour les victimes d’agression sexuelle de Montréal, le 26 mars 2024.
  • Morency, S.-A., Pronovost, et Chollet, M. ont animé la Table ronde sur les recherches participatives féministes et sur les antiféminismes.École d’automne internationale et francophone du Réseau International UNIversités-Sociétés, Strasbourg, France, 2023.
  • Pronovost, V. (19 octobre 2023) « Épistémologie féministe et étude du mouvement anti-avortement : quelle place pour l’empathie? », communication au colloque international La recherche « avec » et « sur » les émotions : quels défis méthodologiques pour les études féministes et pour la recherche sur la contestation sociale et collective? organisé par Blais, A.-M. Veillette et G. Pagé, Montréal.
  • Dupuis-Déri a organisé 4 projections et discussions de films sur l’antiféminisme avec l’IREF à l’automne 2023, auxquelles M. Millette et S.-A. Morency ont participé comme discutantes.

La participation des étudiant·es à l’assemblée annuelle a été déterminante pour la planification du Chantier. Ainsi, une rencontre-midi a été organisée avec Véronique Pronovost (Sociologie, UQAM) sur son retour de terrain dans les réseaux antichoix en Floride. Elle a également organisé une Journée d’étude sur les enquêtes en milieux difficiles le 1er mai 2024. Nous tenons également à souligner l’embauche de Danielle Coenga-Oliveira (membre doctorante) comme professeure en science politique à l’Université de Montréal. De plus, les Éditions du remue-ménage ont accepté de publier le mémoire La construction de l’identité incel d’Annvor Sein Vestrheim (Science politique, UQAM, 2023).

En matière le rayonnement, le Chantier s’est démarqué tant au niveau national qu’international. En plus des deux Journées d’études à l’Université de Fribourg, des membres du Chantier ont présenté 7 conférences universitaires et 2 conférences publiques à l’international. Au moins 50 entrevues dans les médias ont été accordées par des membres du Chantier, dont presque la moitié dans des médias internationaux, principalement en France, dont  France Inter et le journal Le Monde. Soulignons aussi le passage de Mélissa Blais (Sciences sociales, UQO) aux émissions Tout le monde en parle et Aujourd’hui l’Histoire, à Radio-Canada.

Pour les collaborations et projets à venir, le Chantier accueillera trois nouvelles personnes membres : Danielle Coenga-Oliveira (Science politique, UdeM), Julie Depelteau (Sexologie, UQAM) et Alexandra Ana (Sociologie, UdeM). Cela élargira non seulement le nombre de membres professeur·es, mais favorisera de nouvelles collaborations interinstitutionnelles avec trois nouveaux départements, une nouvelle université et une nouvelle discipline (sexologie). Le Chantier a aussi été sollicité par l’Université Populaire (Upop) pour organiser une série de conférences sur l’antiféminisme en 2024-2025.

Il est à noter que le Chantier sur l’antiféminisme a été renouvelé pour trois ans supplémentaires cette année. En effet, le Chantier a rencontré les objectifs établis par le RéQEF pour ce type de structure, réunissant un nombre appréciable de membres régulièr·es appartenant à trois Antennes RéQEF et s’appuyant sur une programmation dynamique.

L’année 2022-2023 du Chantier a été marquée par deux projets collaboratifs  : la Journée de réflexion sur le racisme et l’antiféminisme qui a eu lieu le 4 novembre 2022 au Ausgang Plaza et le partenariat avec Relais-Femmes, qui a proposé six conférences. La Journée de réflexion sur le racisme et l’antiféminisme fut organisée en collaboration avec la librairie Racines et a permis de discuter, d’échanger et de réfléchir aux alliages et affinités entre le racisme et l’antiféminisme. Certaines de ces conférences sont disponibles en ligne.

Le Chantier a également publié une nouvelle édition de la Bibliographie sur l’antiféminisme, proposant deux fois plus de références. Cette nouvelle édition est accompagnée d’une présentation signée par Mélissa Blais et Francis Dupuis-Déri, en collaboration avec Stéphanie Mayer, Sophie-Anne Morency et Anne-Marie Veillette.

En termes d’activités, l’expertise de Mélissa Blais a été sollicitée, à l’hiver 2023,

par la Table de concertation des groupes de femmes de la Montérégie afin de mener une recherche sur l’antiféminisme en 2023-2024. Les responsables du Chantier, Mélissa Blais et Francis Dupuis-Déri, ont également présenté, le 2 mai 2023, une conférence intitulée «Masculinisme et antiféminisme » au Congrès de la Fédération des employées et employés des services publics (FEESEP-CSN) à Victoriaville. Francis Dupuis-Déri a fait paraître l’essai Panique à l’Université : rectitude politique, wokes et autres menaces imaginaires en août 2022, portant, entre autres, sur les attaques contre les études féministes et de genre. Il a répondu à de nombreuses invitations dans les médias européens et québécois ainsi que dans les librairies et les universités.

Mélissa Blais et Francis Dupuis-Déri ont témoigné lors du procès de Jean-Claude Rocherfort, masculiniste récidiviste qui avait proféré, sur le Web, des appels à imiter l’attentat antiféministe de l’École polytechnique, à l’UQAM. Il a été condamné par le tribunal.

Une membre étudiante, Sophie-Anne Morency, a été récompensée par le Prix Claude Corbo pour le meilleur mémoire de maîtrise de l’UQAM en études québécoises. Son mémoire s’intitulait «Rira bien qui rira le dernier: un blacklash contre les critiques de la culture humoristique sexiste », sous la direction de Francis Dupuis-Déri.

Pour l’année 2023-2024, le Chantier prévoit publier, avec collaboration avec la nouvelle revue en ligne de l’IREF, une version traduite et commentée de l’article de Marlen Dixon intitulé « Left-wing anti-feminism: A Revisionist disorder ». À plus long terme, le Chantier aimerait publier, dans chaque numéro de cette revue en ligne, une traduction d’un article portant sur la thématique de l’antiféminisme afin de les rendre disponible en français pour les étudiant·e·s. Le Chantier souhaiterait publier des articles allemands, puisque le champ d’études de l’antiféminisme dans cette langue est en plein foisonnement. Le Chantier a également été approché par l’historienne Pauline Milani de l’Université de Fribourg, qui a reçu une subvention pour travailler sur l’antiféminisme en Suisse. Une première rencontre vidéo a eu lieu en mars 2023. Le Chantier a convenu de rencontres futures et d’un colloque à Montréal. Soulignons que le partenariat est à suivre. Les Éditions du remue-ménage ont également sollicité Mélissa Blais afin de publier une nouvelle édition de son livre, actuellement épuisé, J’haïs les féministes!  : le 6 décembre 1989 et ses suites. Finalement, le Chantier prévoit faire une demande de renouvellement à l’automne 2023 pour les trois années à venir.

L’année 2021-2022 du Chantier sur l’antiféminisme a encore été ralentie par la pandémie de COVID-19. Notons toutefois que les membres ont été très actives et actifs. Une nouvelle édition de la bibliographie sur l’antiféminisme, qui sera mise en ligne prochainement, a été créée, réactualisant la première version qui datait de 2015. Des dizaines de références ainsi que de nombreuses études portant sur l’antiféminisme sur le web ont été ajoutées à cette nouvelle mise à jour de la bibliographie. Les deux responsables du Chantier, Mélissa Blais et Francis Dupuis-Déri, ont offert des conférences auprès des collectivités, montrant ainsi l’expertise du Chantier sur son sujet de recherche. Mélissa Blais a d’abord animé « L’antiféminisme : une violence quotidienne » auprès du Centre d’éducation et d’action des femmes le 1er décembre. Sous le thème « Le masculinisme et les hommes proféministes », la deuxième conférence s’est tenue le 6 avril auprès de la Fédération des employées et employés de service public (FEESP-CSN) et a été animée par Francis Dupuis-Déri. Mentionnons également que Relais-Femmes, en partenariat avec le Chantier, a organisé une journée d’étude qui s’est intéressée au croisement entre l’antiféminisme et le racisme. L’événement, qui n’a toujours pas eu lieu, sera le 4 novembre 2022. Un comité conseiller a été formé dans le cadre de cette journée d’étude pour en assurer le succès.

Pour une deuxième année consécutive, le Chantier a accueilli une stagiaire de France, Juliette Font (IEP — Toulouse). Cette dernière a effectué une recherche portant sur l’antiféminisme sur Internet en France et a présenté ses résultats lors d’une conférence-midi en janvier 2022 à l’Université du Québec à Montréal. Animée par Mélissa Blais, la conférence, qui s’est tenue en ligne et qui a accueilli près de 75 personnes, a donné l’occasion à Héloïse Michaud de présenter son article « Rhétoriques réactionnaires et antiféminisme en France : la controverse de l’écriture inclusive » paru en 2021 dans la revue Politique et sociétés. Soulignons la participation de Francis Dupuis-Déri à une discussion qui portait sur la candidature d’Éric Zemmour à la campagne présidentielle et notons que l’événement s’est intéressé aux similitudes sur l’étude de l’antiféminisme en France ainsi qu’au Québec.

Le Chantier a rayonné sur la scène internationale. En effet, la professeure d’Histoire contemporaine à Fribourg, Pauline Milani, a inclus, dans une demande de subvention, un séjour de recherche avec son équipe à l’Université du Québec à Montréal. Une réponse est toujours en attente pour organiser conjointement un événement.

En ce qui concerne le financement externe, l’année 2021-2022 du Chantier a été l’occasion d’obtenir de nombreux soutiens financiers pour le démarrage et la continuité de divers projets. Elena Waldispuehl a obtenu une bourse postdoctorale lui permettant d’être supervisée par deux membres professeures, Mélanie Millette et Mélissa Blais. Elle participera, avec Mélissa Blais, à la recherche sur l’antiféminisme sur le web au Canada, subventionnée par le CRSH Savoir. Mélissa Blais est également cochercheuse au sein du projet « Pratique de communication numérique des femmes et résistance face à l’antiféminisme en ligne » piloté par Mélanie Millette et subventionné par Développement Savoir CRSH. Michelle Stewart avait également obtenu une subvention du CRSH pour le projet prévu de 2021 à 2024 “ Viral Populism ” portant sur la polarisation des débats publics et l’extrême droite en ligne.

Les activités des membres du Chantier se sont concentrées à l’écriture d’articles et à la publication d’une entrée dans un dictionnaire. Notons les contributions de Mélissa Blais: « Hommes battus et masculinisme » dans Dictionnaire du fouet et de la fessée : Corriger et punir, « The Impact of Masculinist Counter-framing on the Work of Meaning-Making of Violence against Women » dans Interface et « Ce que la peur fait à l’engagement féministe » dans le Lien social et politiques.

Parmi les prochaines réalisations du Chantier, notons la mise en ligne de la nouvelle version de la bibliographie portant sur l’antiféminisme, le lancement d’une recherche sur l’antiféminisme sur Internet au Québec et au Canada par Mélissa Blais et la poursuite de la recherche de Mélanie Millette sur les réactions des féministes sur le web face aux attaques antiféministes. Un enregistrement de la table ronde sur l’antiféminisme en France sera bientôt disponible.

Le Chantier sur l’antiféminisme du RéQEF organisait une conférence midi « L’antiféminisme en France » qui a eu lieu le 24 janvier 2022, de 12h30 à 14h45, sur Zoom. L’enregistrement est disponible à quiconque en faisant la demande à annejulie.reqef@gmail.com.

Après un premier financement de trois ans (2016-2019) et un second financement d’une année (2019-2020), le Chantier sur l’antiféminisme a obtenu un troisième financement du RéQEF cette année. En raison de la pandémie Covid-19, certaines activités qui étaient prévues en 2020-2021 ont été remises à plus tard. Pour compenser, le Chantier a consacré beaucoup d’énergie pour recruter de nouveaux talents. Mentionnons tout d’abord que Mélissa Blais, embauchée comme professeure à l’UQO, assure maintenant la codirection du Chantier avec Francis Dupuis-Déri. Cette année, deux nouvelles membres professeures de l’UQO (Denyse Côté et Stéphanie Demers), une nouvelle membre au doctorat (Danielle Coenga-Oliviera) et trois nouvelles membres à la maîtrise (Juliette Allimant, Mélissa Castilloux et Nicholas Lenart) se sont jointes au Chantier. À l’automne 2021, les membres du Chantier accueilleront une stagiaire qui effectuera une recherche sur l’antiféminisme en France et ils poursuivront leur discussion avec une étudiante d’origine algérienne au 2e cycle en France en vue de poser les bases pour un stage au cours duquel elle réalisera une recherche sur l’antiféminisme en Algérie en 2022.

Les membres du Chantier ont continué à être très actives et actifs, et l’expertise du Chantier a été de nouveau confirmée cette année comme en témoignent les nombreuses invitations à faire des présentations sur le sujet dans des cours de plusieurs universités. Mentionnons aussi que Relais-Femmes a accepté d’organiser, en partenariat avec le Chantier, des journées d’étude sur le croisement entre l’antiféminisme et le racisme. Afin d’assurer la rigueur et le succès de l’événement, un comité conseiller sera mis sur pied à l’été 2021.

En ce qui concerne les projets communs, soulignons que la demande de financement pour le projet sur la Résistance des femmes en ligne — pilotée par Mélanie Millette, avec Mélissa Blais et Michelle Stewart — au programme Développement savoir CRSH a reçu une réponse positive. Mentionnons aussi que les membres Denis Carlier, Danielle Coenga, Héloïse Michaud, Véronique Pronovost, Elena Waldispuehl, Mélissa Blais et Michelle Stewart ont participé à l’atelier « Mobilisations et stratégies d’action des mouvements antiféministes de droite et d’extrême droite » dans le cadre du 58e Congrès annuel de la Société québécoise de science politique, en mai 2021. Finalement, Mélissa Blais et Diane Lamoureux ont piloté une recherche exploratoire de Cartographie des mobilisations antiféministes de l’extrême droite dans le Québec contemporain cette année. Parmi les réalisations à venir, une série de podcasts sur l’antiféminisme, pilotée par Diane Lamoureux, est prévue sur les thèmes suivants : 1) Qu’est-ce que l’antiféminisme ; 2) La cyberviolence antiféministe ; 3) Polytechnique, un attentat antiféministe ; 4) Antiféminisme et extrême droite ; 5) Crise de la masculinité et revanchisme antiféministe ; 6) Combattre l’antiféminisme.

Le Chantier a coordonné plusieurs activités en lien avec le devoir de mémoire des 30 ans de l’attentat antiféministes de l’École Polytechnique. Il a également initié l’organisation de la table ronde « Antiféminismes en Amérique latine : les cas du Brésil et de la Colombie », en collaboration avec l’Institut de recherches et d’études féministes de l’UQAM (IREF), le Réseau d’études latino-américaines de Montréal (RÉLAM) et le Groupe de recherche en études féministes en science politique de l’UQAM (GREF) (21 février 2020, à l’UQAM).

La commémoration des 30 ans de l’attentat antiféminisme de l’École polytechnique: coordination par Mélissa Blais, ce projet fédère plusieurs universités liées au RéQEF, dont l’Université de Montréal et l’UQAM.

Le Chantier a organisé le Colloque « Regards croisés sur les antiféminismes », à l’occasion de la sortie de l’ouvrage collectif «Antiféminismes et masculinismes d’hier et d‘aujourd’hui», paru aux Presses universitaires de France et codirigé par Mélissa Blais (IREF, UQAM et membre du RéQEF), Christine Bard (Université d’Angers) et Francis Dupuis-Déri (science politique, UQAM et membre du RéQEF).

Le 13 février 2018 avait lieu la table ronde « Trump et les femmes : analyses féministes contemporaines » à l’UQAM. Née d’une ini tia-tive du chantier sur l’antiféminisme du RéQEF, cette discussion était coorganisée avec l’Institut de recherches et d’études féministes (IREF), le Groupe de recherche en études féministes (GREF) et la Chaire Raoul-Dandurand.

En partenariat avec l’IREF et le Groupe de recherche en études féministes (GREF) du département de science politique de l’UQAM, le Chantier a aussi organisé un panel « Antiféminisme, conservatisme et néolibéralisme » dans le cadre du colloque Femmes et enjeux féministes : Partage de savoirs les 21-23 février 2018, à l’UQAM.

Enfin, le Chantier était impliqué dans la tenue du Forum international « L’aliénation parentale : une menace pour les femmes et les féministes » que le Collectif de recherche féministe anti-violence (FemAnVi – Ottawa) organisait les 26 et 27 avril 2018 à l’UQAM. Quinze chercheur·e·s internationaux ont présenté à cette activité coordonnée par I. Côté et S. Lapierre, et organisée en collaboration par le RéQEF, l’Institut de recherches et d’études féministes de l’UQAM et l’Université d’Ottawa. L’évènement a fait salle comble et suscité l’intérêt des médias. Dans la foulée, a eu lieu le lancement du livre d’Isabelle Côté, Les pratiques en maison d’hébergement pour les femmes victimes de violence conjugale : 40 ans d’histoire. Par ailleurs, un rapport faisant état de la journée de travail à huis clos du Forum est en cours de rédaction.

Lancé au milieu de l’été 2016 en partenariat avec le Groupe interdisciplinaire de recherche sur l’antiféminisme [GIRAF], le Chantier Antiféminisme a pour objectif d’élargir le réseau d’études sur l’antiféminisme, et de structurer et consolider les collaborations entre des membres du RéQEF de diverses universités, disciplines et statuts (professeures, postdoctorantes, étudiantes).La principale activité de l’année a été l’organisation conjointe d’un colloque « Antiféminismes et masculinismes » en mars 2017 à l’Université d’Angers (France) en collaboration/partenariat avec le GEDI : huit Canadiennes/Québécoises y ont participé grâce à l’aide financière du RéQEF. Cet appui a aussi été essentiel à l’élaboration d’un projet d’importance impliquant la réalisation de 6 capsules vidéo de vulgarisation des analyses de l’antiféminisme (en production) : Qu’est-ce que l’antiféminisme ? Antiféminisme et conservatisme ; Antiféminisme et violence contre les femmes ; Antisémitisme et homophobie ; etc.Pour l’année 2018, deux colloques sont prévus « Antiféminisme et violence contre les femmes », avec FemAnVi, et « Antiféminisme » dans le cadre du CIRFF, à Paris. Un ouvrage se trouve en phase de rédaction : L’antiféminisme en Belgique (corédigé par Valérie Lootvet, directrice de l’Université des femmes, Mélissa Blais et Francis Dupuis-Déri). Enfin, la diffusion des résultats de la recherche « L’antiféminisme dans la vie privée », menée en partenariat avec L’R des centres de femmes et le Service aux collectivités de l’UQAM, est aussi à venir.